Dans l’attente d’un Noël en pandémie

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Dans l’attente d’un Noël en pandémie
“Que ces préoccupations ne nous fassent pas oublier l’essentiel : à Bethléhem, il y a plus de 2 000 ans, un bébé était né dans la plus grande pauvreté.” Art: Wellcome Collection

L’Avent marque le début de notre année liturgique et nous plonge dans l’attente de la venue du Messie. Attente mystique pour les croyants, attente fébrile pour les enfants, et course contre la montre générale, pour être prêts le 24 décembre !

L’année qui se termine fut marquée par cette inquiétante pandémie qui a changé non seulement nos routines quotidiennes, mais aussi tout l’équilibre économique et social d’une grande partie de la planète. Au Québec, cela a sérieusement bouleversé notre pratique religieuse : la Passion, Pâques et la Pentecôte sur Zoom ou sur Facebook nous ont forcés à nous renouveler à toute vitesse afin de soutenir nos communautés désorientées. À peine venions-nous de réouvrir nos églises anglicanes que la ville de Québec, où j’habite, était placée en zone rouge. Notre petite communauté de Saint-Michael a jugé plus prudent de refermer les lieux et de se concentrer sur des activités virtuelles. Cela a entraîné une série de nouveaux petits deuils : pas de bénédiction des animaux, pas d’Action de grâce festive, pas de Jour du Souvenir, rien.

Tandis que les jours raccourcissent, la lumière nous vient de l’Avent et de notre préparation spirituelle. Plus que jamais, nous avons donc besoin de ce temps d’arrêt, non seulement pour nous rappeler l’avènement de Jésus, mais aussi pour trouver une raison d’espérer : nous sommes dans l’attente d’un vaccin, d’un médicament, de solutions qui nous permettront retrouver une vie plus normale. Mais qu’appelons-nous exactement une « vie normale » ? Une vie sociale et familiale reposant sur la consommation et le divertissement ? Une vie qui laisse bien peu de place à Jésus. L’Avent nous offre donc l’occasion de renouer avec lui, de relire les prophéties messianiques d’Esaïe, de l’appeler en chantant les cantiques traditionnels que sont Come Thou Long-expected Jesus (CP 88), O Come, O come, Emmanuel (CP 89), Venez, divin Messie (CP 95), Comfort, Comfort Ye My People (CP 100).

Comment allons-nous célébrer ce Noël ? Dans notre église ou virtuellement ? Au moment où j’écris ces quelques lignes, je n’en ai aucune idée. Comme organiste, dois-je préparer ma musique de Noël ? Si nous retournons à l’église, aurons-nous seulement le droit de chanter Away in a manger ? Que ces préoccupations ne nous fassent pas oublier l’essentiel : à Bethléhem, il y a plus de 2 000 ans, un bébé était né dans la plus grande pauvreté. Il était entouré d’amour, et la bonne nouvelle de son statut particulier lui valait l’émerveillement, l’adoration et le respect de ceux qui venaient le voir, tout en semant l’inquiétude chez ceux qui pressentaient son immense pouvoir. Dieu s’est fait enfant, un nouveau-né sans défense, pour se rapprocher de nous, pour nous rappeler que la vraie richesse n’est pas faite que de biens matériels, mais de partage, de compassion, de bonté. Il nous demande donc de réfléchir à nos valeurs et de redéfinir nos priorités.

Nous vivons dans la crainte et dans l’incertitude. Peut-être avons-nous oublié ces mots rassurants du Psaume 91 : « Aucun malheur ne t’arrivera, Aucun fléau n’approchera de ta tente. » Ce message nous rappelle que Dieu nous accompagne et nous soutient. Puisse ce Noël pas comme les autres nous réapprendre à le prier avec sincérité et à garder espoir.

Irène Brisson, membre de l’Ordre du diocèse de Québec, est l’organiste de l’église Saint- Michael à Sillery (ville de Québec). Elle est aussi une assistante laïque en formation.

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